Couleurs primaires

L’aventure musicale continue et avec elle, celle de l’écriture. Nous travaillons et répétons « Méditations urbaines » dans la perspective d’une autre représentation à l’automne. Mais un autre album se profile avec déjà trois chansons composées et deux écrites. Je voudrais profiter de mon expérience de peintre-plasticienne et parler des couleurs. Tout naturellement, l’album s’intitulera « Couleurs primaires », les trois couleurs maîtresses par lesquelles  passe la composition des autres, en de savants mélanges, subtiles ou francs.

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Le bleu, écrite et composée depuis un mois s’intitule « Au fond de tes yeux »: rythme lent, voix suave, déclaration d’amour, thème sacré dans le jazz !

Au fond de tes yeux

danse un paysage,

entre deux nuages

je vois ce que je veux.

Des vallées profondes,

tous les matins du monde,

la glace et le feu,

au fond de tes yeux.

Ton bleu m’envole dans les airs,

ne plus poser le pied par terre,

une aile douce qui se déploie

et qui me pousse dans tes bras.

Je regarde encore,

et trouve un trésor,

des métaux précieux,

au fond de tes yeux.

Alors je m’y perds

et c’est ce que j’espère,

me noyer dans le bleu

si profond de tes yeux.

Le rouge fait écho à certaines chansons de Claude Nougaro que j’adore. Un long fleuve chaud serpente à l’intérieur du corps, inondant d’une énergie impétueuse et hardie chaque cellule, chaque mouvement, chaque idée…

Je vois rouge

Besoin que çà bouge

Avancer droit devant soi

Gagner à chaque pas

En confiance

Sourire à la chance

Ne rien céder à la peur

Et annoncer la couleur

 La chaleur

du rouge dans le cœur

Réconfort

Du doute qui s’endort

Se tarit et j’en finis

Rivière de ma vie

Coule encore

En rouge et en or 

Je ne sais pas

où  cela me mène

Vide sous mes pas

Mais j’y vais qu’en même

Battements

Du rouge dans mes veines

Lentement

La couleur me ramène

A la vie

Horizons inconnus

c’est parti

Vers l’inattendu

Et j’y crois, j’y crois vraiment

Le rouge est en moi

Pour toujours

Le don de l’amour

Je ne sais pas, non ne sais pas

Où cela me mène

Un rouge éclat

Bondit de joie

Et coule dans mes veine

Je ne sais pas, non ne sais pas 

Où cela me mène

Un rouge éclat 

Bondit de joie

S’écoule et se répand au fond de moi…

Quant au jaune, la musique est composée mais les paroles sont encore à venir. Et suivra une cascade de couleurs inspirées par une émotion, une image, un visage…

Pour le moment, le bleu et le rouge ! Il ne nous reste plus qu’à travailler sur les arrangements, répéter les chansons en s’appropriant le texte, la ligne mélodique, les accords au point de s’évader sur de l’improvisation le plus possible. Ce n’est pas le plus facile mais c’est une telle joie !

Soirée insolite du samedi 28 mai 2016 : Préludes espagnols de Debussy et Méditations urbaines

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La première…C’était samedi dernier, le 28 mai chez mon amie Annick. Moment unique de cadeau donné et reçu en retour au centuple. Nous avions beaucoup travaillé, depuis un an et demi : écriture, composition et arrangements. Les treize chansons nous brûlaient la gorge et les doigts et le piano, déplacé pour l’occasion, a résonné dans sa majesté de laque noire,  des notes joyeuses et lumineuses que nous avions tant répétées.

En première partie, une surprise merveilleuse nous attendait : Sophie nous a enchantés, quand sous ses doigts ont vibré les accents ibériques de deux préludes de Debussy. Une passerelle musicale lancée entre la « grande musique » et le jazz !

Et puis notre récital ! Quelle joie de sentir tant d’émotions parcourir les êtres attentifs, absorbés par l’envol des notes, à l’écoute du texte…

Merveilleuse soirée ! Je dois tant à mon amie Annick… Je la remercie du fond du cœur car ensemble, nous avons créé un petit moment magique qui échappe au tumulte, loin des soucis et des difficultés.

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L’air du large

Alors que je travaille assidûment mon répertoire de chansons, chaque semaine avec mon amie Annick , je souhaitais vous offrir une bouffée d' »Air du large ». Invitation au voyage et à la méditation, cette chanson évoque la rencontre entre la terre et l’océan, le souffle humide de la mer balayant les derniers territoires solides absorbés par le bleu et l’écume dans un enlacement brutal.

C’est une terre où j’aime dériver comme un radeau de pensées, pour me ressourcer et respirer. C’est le bout de la terre, le bout d’un continent lové dans ses légendes et parsemé de personnages insolites, bruissantes apparitions d’écume et de coquillages…

L’air du large

Des rivages perdus, sous des cieux océans

Des horizons battus et fouettés par les vents

Des miroirs d’opale sus la mer qui s’étale

En des gestes d’argent, des reflets de métal.

Plus loin sur les nuages voyagent des mirages

Qui revêtent en dansant, les couleurs du temps.

Et le vent dans les dunes, s’enroule à contre temps

S’étire sous les plumes des ailes des goélands.

Des lumières lointaines s’agitent sur la traîne

Des vagues blanc d’écume, écharpe dans la brume.

Jour de pluie
Jour de pluie. Cartonnage, papiers, huile, art textile.

Les treize chansons sont quasiment arrangées et nous les travaillons pour une petite représentation à la fin du printemps.