Des fleurs au paradis

Surtout par manque de temps et un peu parce que l’inspiration n’était pas au rendez-vous quant à l’écrit, j’ai délaissé les pages du blog ces dernières semaines.

Pourtant, plusieurs créations ont vu le jour et l’atelier a connu un début de printemps fleurissant. Avant de publier des articles sur les tableaux réalisés, j’avais envie d’offrir au monde un premier bouquet de fleurs.

Ensemble Des fleurs au Paradis

Un peu de tissu trouvé sur le net (Idéatiss), un néoprène ou scuba, facile à travailler aux couleurs chatoyantes, ondes de peinture sur une toile, et en un après-midi est né un ensemble seyant et plein d’audace. Jupe patineuse à plis et petit haut inventé dans « l’écoute » du tissu.

Ensemble Des fleurs au Paradis 2

Dans le même temps, j’avais de belles perles en polymère, créées par une artiste locale, Agnès Tourtet « Objets d’émotion », et des idées de collier avec des tissus : résultat, cinq après-midi de travail sur les « perles » textiles et la naissance d’un collier couleurs du temps, comme dans Peau d’Âne,  au nom évocateur « De ciel et d’eau ».

Collier De ciel et d'eau 2

Collier De ciel et d'eau

Avec ce beau soleil et la nature qui explose de toute part, je me suis offert des fleurs au paradis…

La couleur des sentiments : le violet

En attendant que sèche l’huile de mes dernière toiles et avant d’y apporter les dernières touches, je me suis penchée de nouveau sur le recueil « Couleurs primaires » et une toute nouvelle chanson est née ce matin même.

Visitée par le violet, je n’ai pu résister au langage des fleurs, en jouant sur les mots, avec un texte au charme désuet et naïf.

Meuble Un soir, un bal

La couleur des sentiments

Timidement sous sa voilette

Une petite violette

Tournée vers le soleil levant

Attend l’amour confusément.

Mais serait-ce cet oiseau chanteur

Qui charmant enflammera son cœur

Ou bien plutôt ce gros bourdon

Qui la regarde d’un air bougon ?

Non, non je ne crois pas.

Longtemps, elle attendra.

Ce n’est pas la couleur

Qui bat tout au fond de son cœur.

Un peu plus loin ce matin là

A fleuri près d’elle à deux pas

Un grand iris violet

Un peu hâbleur mais qui lui plait.

Ils ont accordé leurs couleurs.

Se sont livrés de cœur à fleur. 

Entre l’ombre et la lumière

Leurs mots d’amour flottent dans l’air.

Oui, c’est une romance

Qui parle d’espérance

Brille dans l’innocence.

Un beau conte au jardin de l’enfance.

Timidement sous sa voilette

Une petite violette

a arboré ce printemps

La couleur des sentiments.

Serait-ce l’approche du printemps et les derniers jours ensoleillés ? Un petit air à la Trenet s’est glissé dans ma tête, joyeux et pétillant. Le violet puissant a choisi la discrétion et préféré la pudeur des violettes à la théâtralité et l’opulence des velours d’orient.

Quand l’œil devient mot : promenade au cœur de la vie

Fascinée par les couleurs, je me suis souvent promenée sur l’aile de leur vibration, funambule de l’éther, à la recherche des chromatismes composant tel bleu, tel rouge…

Il est un couple de couleurs complémentaires que j’affectionne par dessus tout et à propos desquelles, Van Gogh affirmait qu’elles symbolisent les passions humaines : le rouge et le vert.

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Essence même de la vie sur terre, premières dans leur intention de faire exister toute forme de vie sur notre merveilleuse planète, le rouge et le vert remplissent tout, sont l’inspire et l’expire, sont le tout.

Deux tableaux-écrits conjuguent leur voix à celle de mes tableaux-peintures.

Pour enseigner à la terre

Le rouge a laissé remonter

Comme un voile 

Les racines à nu.

Encore ensommeillées

D’un nocturne voyage

Elles murmurent dans des langues

Que l’on croit méconnaître 

Que le cœur reconnait 

Que la voix sait peut-être…

Les longs serpents s’étirent

Et l’échine frémit

Les racines ont saigné des rouges si profonds

Des ocres de rocaille

Des jaunes incandescents

Et la rose et la prune

Et le safran sauvage et tout l’or de la terre.

Le sang s’est répandu et n’a cessé de croître 

Comme une fleur douceâtre au delà des racines.

Retournées à la terre

Elles s’enchevêtrent et plongent

Et s’enfoncent dans l’oubli d’elles-mêmes

Laissant en chaque être

Les maillons rouges qui se tissent en une trame de vie.

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Bien au delà des yeux

Bien en deçà du cœur

S’ouvre l’espace du vert.

Il longe les verticalités

Qui s’élancent à l’assaut des hauteurs.

Vert est le nom de son nom

Plus subtil et impalpable que la pureté de l’air.

Il s’épanche avec chaleur

Confiant de sa puissance

Incroyable naïveté face aux plus froides attitudes. 

Souffle chlorophyllé dont nul arbre est avare

Il revêt la parole lorsqu’elle est juste.

Vert, forgé dans les traces mêmes de la vie

Sous la couleur des verts de demain

Tu t’élèves avec la force empruntée à la terre

En des volutes odorantes

Conquérant d’autres mondes

Où le vert bat comme un cœur. 

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Lorsque le rouge et le vert s’unissent, on est enfin prêt à passer toutes les portes :

Incroyable voyage.

A présent s’élève une porte

Fin, commencement.

Entre la terre et l’éther

Le voyageur sans fin

Cherche les signes…

Traces de son chemin dans la poussière rouge

Dans le murmure du vent dans le vert des arbres

Dans la course des étoiles assoiffées de nuit

Qui échappent aux couleurs, à l’idée de la vie.

Incroyable voyage qui mène d’un désert à l’autre.

De temps en temps une halte, un tumulte.

Une trêve sous l’arbre  où le souffle bondit

s’abreuver de silence et du vert de l’oubli.

Et un autre désert

Et les pas dans le sable

dessinent les empreintes de feu d’un précédant voyage

Vers le même, l’ultime rendez-vous.

Hommage à A. Giacometti « L’homme qui marche ».