Verde que te quiero verde

Tableau Banc de plumes. Joie2

Peut-être parce que les feuilles des arbres sont tombées dans les dernières bourrasques de la fin d’automne, c’est le vert de la nature qui a mobilisé toute mon inspiration dans cette nouvelle chanson du recueil Couleurs primaires. Des vers, piégés dans ma mémoire, sont alors remontés en résonance, comme une onde verte et coulée, dans la langue du poète que j’aime tant, Federico Garcia Lorca. Verde que te quiero verde. Verde viento. verdes Ramas…Tout naturellement, le premier vers a donné naissance au titre de la chanson et l’évocation du vert est aussi devenu un hommage à Lorca.

Le vert a grimpé dans les nuages

Il a semé dans son sillage

Une fraîche odeur d’herbe coupée

Et c’est à nous que j’ai pensé

Nos promenades au bord de l’étang

Dans le vert tendre d’un printemps

Et la douceur de la lumière

Couronnait ton front de mystère

J’ai pourtant oublié le vert 

Dieu Pan endormi sous ma terre

Aux doux éclats de rire d’enfant

Dans le jardin de mes vingt ans

Il y a bien longtemps aujourd’hui

Mais le vert qui pousse ma vie

Vers ce nouveau printemps joyeux

Porte les fruits de nos aveux

Verde que te quiero verde

Tu suis le cours de mes pensées

Et me promet un bel été

Verde que te quiero verde

Le poète ne s’est pas trompé

Et moi je t’aime à tout jamais 

 

Quand la couleur devient mot…

tableau le safran 2 tableau le safran

Diptyque huile  sur toiles. Agencement safrané.

Il m’est bien souvent apparu que le pinceau n’était que le prolongement des mots et qu’à l’inverse, ils devenaient couleurs qui se posent sur la toile virtuelle de notre pensée. Je vais et viens depuis toujours, d’un monde à l’autre, entre couleur-peinture et couleur-mot. Les émotions qui remontent, sont très semblables et l’univers qui se crée alors, n’est que l’affleurement du monde intérieur qui s’anime au fond de mon âme.

Les terres de l’homme

 

Millénaires poussières tombées du fond des âges,
d’une amoureuse étoile, sur un sol qui embaume
les années de sècheresse et les pluies indomptées.
Millénaires poussières enveloppées d’empreintes,
témoins d’un éternel passage vers le haut, vers le bas.
Le pas de l’homme, toujours le même,
dans la terre, dans la glace, dans la boue,
au rythme des atomes et du sang qui circule,
infatigable voyageur.
Millénaires regards embrassant les collines,
les vallées et les océans,
les monts de glace et de poussières d’étoile retrouvée.
Les terres de l’homme,
multiples visages d’une seule carapace éclatée.
La terre des hommes,
joyau tourbillonné dans un ciel sans histoire…